Bilan après un an et demi de freelance à temps plein

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Voilà un an et demi que je suis en freelance. Jusqu'ici tout va plutôt bien. Il y a des hauts et des bas évidemment mais au global je suis satisfait de ce choix. Aussi, je commence à préparer des cours d’insertion professionnelle pour des étudiants. C'est un exercice qui me force à prendre du recul et à faire un premier bilan sur mon activité.

Cet article n’est qu’une partie de ma réflexion. Notez qu’il reflète une vision personnelle de ce statut et de ce mode de vie mais si cela peut être utile à d’autres (futurs) freelances, j’en serais ravi.

Aussi, si vous souhaitez en savoir plus sur l’un des points que j’aborde ici, n’hésitez pas à me le dire ! À terme, j’aimerais développer chacune de ces thématiques dans des billets dédiés.

L’autodiscipline et des moments "off" sont indispensables en freelance

Rien ne vous empêchera de ne rien faire, de partir en vacances ou de vous perdre sur YouTube, et personne ne vous dira quoi faire. "Vous êtes votre propre patron" : je suis sûr que vous l’avez déjà entendue celle-là. Et personne ne vous dira non plus de vous mettre au travail alors il vous faudra être autonome.

De mon côté, j’ai toujours su être rigoureux et m’organiser. C’est dans ma nature. Ce n’est pas la partie qui me faisait peur en devenant freelance. J’avais déjà l’habitude : encore en CDI, je publiais un article par jour sur mon blog et pendant mes études je travaillais déjà en freelance.

Le revers de la médaille est la mauvaise habitude de travailler tout le temps. Une fois à temps plein, cela s’est petit à petit remplacé par le fait d’accepter tous les clients car je savais pouvoir absorber une grande quantité de travail. Et qui dit plus de clients, dit plus d’argent.

Fatigue, éparpignement, stress et ras-le-bol… Ce mode de fonctionnement n’est pas tenable sur le long terme, et mes clients (et ma copine) commençaient à faire la tête. L’autodiscipline c’est aussi savoir s’accorder des pauses, des week-ends et accepter de ne pas être disponible 365 jours par an entre 7h et 23h.

Une phrase tirée de mon petit manifeste résume bien ça : "Je crois que le travail ne doit pas nous faire oublier de vivre notre vie".

Manager son temps et son planning en freelance - Antoine Peltier
Illustration par Antoine Peltier

Je suis un freelance avec des horaires de salarié

Quand je parle de mes horaires et de mon fonctionnement, je suis parfois moqué par d’autres indépendants.

"Mais pourquoi t’es devenu indépendant si c’est pour te contraindre ?"

De mon point de vue, je borne mes horaires de travail pour être plus libre ensuite. J’ai des horaires fixes (de 9h30 à 18h avec une pause déjeuner et pas le week-end) mais savoir que je peux banaliser une journée ou travailler plus pendant un temps donné me donne l’impression d’être plus libre. Et surtout, les moments de détente le sont vraiment.

Enfin, comme dans beaucoup de situations, la communication est importante. Je préviens en amont mes clients avec des projets en cours que je serai "off" tel jour ou en vacances de telle date à telle date.

Dire "non" peut vous sauver la mise

Parfois j’ai trop de travail. Parfois ma petite voix me dit qu’elle ne le "sent pas". Parfois le client négocie avant même d’avoir présenté son projet. Parfois les délais sont trop serrés et parfois je n’ai juste pas envie.

Dire "non" est une des choses les plus compliquées à faire en freelance. Accepter une mission de plus et peut-être travailler un week-end c’est gagner plus d’argent.

Mais quand c’est la mission de trop, c’est celle qui vous pompera toute votre énergie. C’est celle qui vous fera ruminer, énervé d’avoir accepté alors que vous saviez que ça ne fonctionnerait pas pour X ou Y raison.

Refuser des projets en freelance
Illustration par Antoine Peltier

Dire "non" en conscience pour sélectionner ses projets

Pour me protéger au départ, j’avais alors tendance à dire “non” en bloc. Moins j’en savais sur la proposition (délais, budget, envergure du projet, etc) plus c’était simple. Il est plus facile de dire "non" sans savoir de quoi l’on parle car on regrette moins après l’avoir refusé. Mais je me coupais de belles opportunités.

Avec le temps, j’ai donc commencé à développer une nouvelle technique. Dire "oui" au maximum de propositions dans un premier temps. Ensuite, je me renseigne pour avoir une vue globale du projet. Enfin, j'évalue le temps nécessaire à sa réalisation, la flexibilité des délais et le possible chevauchement avec d’autres projets. Je peux alors dire "oui" ou "non".

Attention, il est en revanche plus complexe de dire “non” après avoir bien échangé avec le potentiel client. Tout n’est pas rose non plus !

À LIRE ENSUITE :
Avec la designer Salomé Millet, nous avons échangé sur la confiance en soi quand on est freelance : un bon moyen de vous affirmer et de développer votre activité.

"Le temps est ton ami, mon ami"

C’est une citation de Kyan Khojandi qui m’a marqué. Elle provient de son passage sur le podcast de Nouvelle École. Pour ce point, je la sors un peu de son contexte mais elle n’en est pas moins valable.

Les débuts en freelance sont parfois difficiles. La peur de manquer d’argent est l’une des principales et nous fait accepter des missions rémunératrices mais qui ne nous plaisent pas (moi y compris). Vous vous souvenez les missions qui pompent l’énergie ? Elles sont en plein dedans.

Avec le temps, je commence à voir ce qui me plait et ce qui ne me plait pas. À force de dire "non", je sais me séparer de ces missions énergivores. Il y a plus de place pour des sujets plaisants et motivants, souvent proposés par des gens plus respectueux de mon métier. Je suis bien plus impliqué dans ces derniers. Les commanditaires sont plus contents des résultats et souvent me recommandent à d’autres. De nouveaux beaux projets arrivent. Petit à petit se crée un cercle vertueux.

Il faut laisser le temps au temps mais n’oubliez pas de faire des choix. Et si possible, les bons !

S'adapter aux clients quand on est indépendant

Accepter sa personnalité est un atout inestimable en freelance

Ce dernier point est à mi-chemin entre le développement personnel et l’image de marque personnelle. Dernièrement, beaucoup de mes clients viennent après être passés sur ma page “à propos” ou parce que l’une de leurs connaissances m’a recommandé.

Aujourd’hui, il y a énormément d’indépendants, et plus particulièrement en graphisme. Nous sommes légion. Les porteurs de projets ont l’embarras du choix, ce qui amène à un changement majeur : ils cherchent une personnalité qui leur conviendra.

Dans mon cas, cela passe notamment par l’écriture (je vous invite à lire ma page “à propos” pour voir de quoi je parle ensuite). Tout au long de mon portfolio, j’essaye de faire en sorte que mon lecteur ait l’impression de me connaître. J’aime qu’il ne s’intéresse pas uniquement à mes projets mais aussi à ma personnalité. Je raconte ma vie et je fais des blagues mais tout en restant professionnel. Je suis comme ça au quotidien.

J’ai remarqué que ces clients qui arrivent avec une petite note d’humour sur quelque chose qu’ils ont lu dans ces pages sont les plus agréables. Pourquoi ? Parce qu’ils ont fait l’effort de s’intéresser. Ils ont souvent, eux aussi, le mot pour rire, de l'autodérision et surtout ils me font confiance. Ils ont vu mon travail, savent que ça roule de ce côté et comme ils sont rassurés, ils sont plus détendus.

Mon conseil : assumez qui vous êtes avant d’être un freelance parmi d’autres. Vous avez une compétence particulière ou une “bizarrerie” : faites en une force. Les clients qui vous correspondent vous trouveront.

Un dernier mot pour conclure

Ces quelques points sont des réflexions à développer. Ils me permettent de prendre du recul et de voir le chemin parcouru depuis le début. Ils feront peut-être l'objet d'articles dédiés.

Et si le cœur vous en dit, n'hésitez pas à m'envoyer un mail pour en discuter ou si vous souhaitez que j'aborde une thématique en particulier !

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